Qu’est-ce que le style kitsch ?
Le mot kitsch apparaît en Europe à la fin du XIXe siècle. Son origine exacte reste discutée, mais il entre progressivement dans le vocabulaire esthétique pour désigner une production jugée commerciale, sentimentale, imitative, facile ou de qualité inférieure. Au XXe siècle, il devient presque le repoussoir officiel de l’art « sérieux ». Une chose peut être kitsch parce qu’elle imite le luxe, parce qu’elle recherche un effet immédiat, parce qu’elle use de sentiments appuyés, parce qu’elle accumule les ornements ou simplement parce qu’elle paraît vouloir plaire un peu trop visiblement.
Mais il faut déjà séparer plusieurs choses que nous mélangeons volontiers.
La laideur concerne notre perception d’une forme. Le mauvais goût est un jugement normatif : quelqu’un estime que cette forme ne respecte pas certains critères de convenance ou de qualité. Le kitsch est une catégorie historique et culturelle particulière. Quant au camp, que nous retrouverons plus loin, il désigne plutôt une sensibilité, une manière de regarder ou d’aimer l’artifice, l’exagération et le théâtre.
Un objet peut donc être kitsch sans être laid. Il peut être laid sans être kitsch. Il peut être kitsch et camp. Il peut être volontairement kitsch. Et il peut évidemment être tellement merveilleusement kitsch qu’on finit par se demander pourquoi on avait envie de le sauver.
Déjà, les choses se compliquent.