Cette accumulation joyeuse possède aussi des cousines évidentes dans la culture streetwear japonaise. Dans le Decora, mouvement associé à Harajuku, les accessoires ne sont pas la finition d’une tenue : ils en deviennent parfois le sujet principal. Barrettes superposées, jouets, badges, perles, porte-clés, objets faits main et personnages kawaii s’accumulent volontairement.
Les archives photographiques de Tokyo Fashion montrent depuis des années des sacs décorés de peluches, keychains ou même de collections entières de produits dérivés. En 2015, une adolescente photographiée à Harajuku portait par exemple des sacs entièrement recouverts d’objets liés au manga Yowamushi Pedal.
Ici, l’objectif n’est pas d’obtenir le « bon accessoire » mais de montrer ses goûts au grand jour. Le vêtement devient surface d’expression. Le sac aussi.
Et cette idée-là dépasse largement la mode kawaii.